SINGULAR’S vous parle de FAUSSE NOTE

par | 12 Nov 2021 | Actualités

SINGULAR’S vous parle de “FAUSSE NOTE”

Après un concert symphonique, un inconnu force la porte du chef d’orchestre pour partager son émotion. Le secret qu’il porte ne laissera pas indemne le musicien. À partir de ce point de départ volontairement flou, Didier Caron nous entraine dans un huit clos âpre, chargé d’un suspense sourd porté par deux acteurs Pierre Deny et Pierre Azéma qui n’ont pas peur de se mettre à risque jusqu’au dénouement final.
La magie du théâtre dans toute sa densité humaine. 

Un huis clos qui cache son jeu
Le lecteur nous pardonnera si nous en disons pas plus sur le ressort de la pièce. Il faut, comme nous l’avons fait, se laisser surprendre par une intrigue tirée au cordeau par le dramaturge Didier Caron qui signe aussi la mise en scène avec Christophe Luthringer. Elle confronte deux hommes que socialement et culturellement tout semble opposer ; le chef d’orchestre du Philharmonique de Genève, arrogant, excessif et convaincu de sa puissance, est incarné par Pierre Azéma qui croque bien cette figure tutélaire d’un chef peu amène avec ses musiciens et son entourage. Il se réfugie dans sa loge pour décanter sa haine de la plèbe. Frappe à la porte un homme obséquieux qui se présente comme un admirateur, friand d’autographe, puis d’une photo, puis… Dans le personnage du fan insistant, Pierre Deny réussit formidablement à faire évoluer son identité et ses motivations réelles au fil des dialogues serrés, pour jeter son masque…

Une direction d’acteurs tirée au cordeau
Il faut saluer la direction d’acteurs qui nous maintient en haleine notamment en nous incrustant nous aussi dans le champ de la loge. L’admirateur ne cesse de traverser le théâtre pour finalement envahir émotionnellement la loge. « De cette loge d’artiste, décor symbolique pour mettre en valeur la relation entre les deux personnages, nous sommes visuellement transportés dans une partie de l’histoire de l’Europe, commune à toutes et à tous…” nous glisse seulement Didier Caron dans sa note d’intention.

Le vertige d’un toboggan émotionnel
La raison de cette instance trop mielleuse pour être nette nous lance dans un toboggan émotionnel qui n’ira qu’en accélérant, grâce à la joute de deux comédiens qui progressivement, retire tous les oripeaux du statut social, du quant à soi, pour mettre à nu leur identité. Ce pas de deux devient une plongée dans l’abime, qui vire parfois à l‘étouffement.

Quand l’histoire de deux hommes se frotte à l’Histoire, le spectateur en ressort un peu rincé, mais fasciné par tant d’énergie partagée.
#OlivierOlgan